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28.04.2008
Le président Sarkozy en Tunisie: des investissements à la clé?
"A l'invitation du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, et dans le cadre de la consolidation des relations d'amitié et de coopération entre la République tunisienne et la République française, le président français, Nicolas Sarkozy, effectue une visite d'Etat en Tunisie, à partir d’aujourd’hui 28 et jusqu’au 30 avril 2008.
Au cours de cette visite, la deuxième du chef de l’Etat français en Tunisie, plus d’un sujet seront à l’ordre du jour.
D’abord, l’économie et le commerce. Comme lors de tous ses déplacements, Nicolas Sarkozy, sera accompagné d’une importante délégation d’hommes d’affaires. 120 chefs d'entreprises, conduits par la présidente du Medef Laurence Parisot, Sept ministres et de nombreuses personnalités politiques suivront le président français.
Il est ainsi attendu que nombre de contrats seront signés à cette occasion. Selon le site du «Journal du Dimanche» (JDD) qui cite des sources de l’Elysée, la France et la Tunisie devraient parapher un accord cadre de partenariat dans le domaine du nucléaire civil, qui sera similaire à ceux déjà signés avec la Libye, le Maroc ou l'Algérie et pourrait déboucher à terme sur la livraison d'une centrale nucléaire. Cela semble très probable, d’autant que la Tunisie avait clairement affiché sa décision de construire une centrale nucléaire civile, pour ses besoins en énergie. Le réacteur à installer ne devrait pas être de plus de 1000 Mégawatts, pour ne représenter que 15 % de la consommation d’énergie en Tunisie et son coût de 2 milliards DT. Selon l’Associated Press que rapporte Yahoo, cet accord portera plutôt sur la formation d'ingénieurs et pourrait déboucher à long terme sur la construction d'une centrale nucléaire. Restera à savoir, si les équipes de la Steg (chargée du dossier) se décident ou se seraient décidées pour la technologie française, le pays le plus équipé en matière nucléaire et dont la technologie a fait ses preuves, si la France sera simplement dans le tour de table ou le principal financier de cette centrale nucléaire. La même source évoque au contraire, la signature d’un accord pour la fourniture d’une centrale thermique par Alstom. Par ailleurs et selon JDD, des discussions sont en cours sur la vente d'appareils Airbus à la compagnie Tunis Air.
Tunis siège de la banque de l’UpM ?
Volet social, un accord de gestion concertée des migrations, le premier de ce type avec un pays du Maghreb, devrait aussi être paraphé au cours de cette visite où le Chef de l’Etat français rencontrera les hommes d’affaires tunisiens.
Au niveau politique, les entretiens seront dominés par le projet d'Union pour la méditerranée (UpM), qui doit être porté sur les fonts baptismaux lors d'un sommet à Paris le 13 juillet. Nicolas Sarkozy y consacrera mercredi à Carthage le dernier discours de sa visite et devra certainement lever les dernières équivoques nées du changement d’une Union Méditerranéenne en Union pour la Méditerranée, suite à l’intervention de la Chancelière allemande. Des attentes existent en Tunisie, quant au choix de la ville qui accueillera le secrétariat et les deux postes de directeurs (un du Nord et un du Sud) et qui font l'objet d'intenses tractations entre les 39 pays parties prenantes (les 27 membres de l'UE et les 12 pays de la rive sud de la Méditerranée). «La France souhaite que ce secrétariat soit implanté dans un pays du Sud, mais laisse ses partenaires se mettre d'accord, afin de ne pas froisser les susceptibilités », selon l’AP. La dernière visite du Président égyptien en France a fait naître des craintes que Tunis, que des sources françaises avaient citée, ne soit pas choisie pour abriter le siège du Secrétariat Général de cette future Union. Dans une déclaration au quotidien tunisien Assabah, Abderrahmen Dahmen Conseiller à l’Elysée, a déclaré de son côté que la Tunisie pourrait abriter le siège de la banque qui sera née de cette UpM.
Y aura-t-il des investissements à annoncer ?
Reste à savoir aussi, si cette visite apportera aussi avec elle, des investissements français pour la Tunisie et que la France donne ainsi des signes clairs d’un changement de sa politique de «partenariat » avec cette Tunisie dont elle est le premier client et son premier fournisseur (la Tunisie est le 23e partenaire de la France, devant le Maroc et l'Algérie avec une valeur globale des échanges commerciaux de près de 7 milliards d'euros au bénéfice de la Tunisie et une France qui a acheté à la Tunisie pour 3,8 milliards d'euros, mais n'a vendu que pour 3,2 (milliards d'euros) et dépasser la simple aide financière à l’investissement direct. Il est vrai certes, qu’on compte deux fois plus d'entreprises françaises en Tunisie qu'au Maroc, et trois fois plus qu'en Algérie ce qui fait de la France le premier employeur étranger en Tunisie, selon la Mission économique française à Tunis. Il est vrai aussi le Chef de l’Etat français, contrairement au Medef qui l’a défendu en Tunisie et a même demandé l’aide pour en convaincre Nicolas Sarkozy, garde encore une position mitigée sur cette question des délocalisations qui pourrait être un booster de ces IDE françaises !"
Le Figaro quant à lui:
"La Tunisie est un cas d'école parmi les pays émergents. Dépourvue de ressources naturelles, elle a su soutenir son économie en promouvant l'enseignement et des politiques favorables aux milieux d'affaires. Selon un récent rapport de la Banque mondiale, la Tunisie serait ainsi le pays africain offrant les meilleures perspectives de développement.
L'Union européenne représente, et de loin, son premier partenaire commercial (80 % des exportations et près des deux tiers des importations tunisiennes). Pour des raisons historiques et linguistiques, la France occupe une place prépondérante. Elle caracole en tête des investisseurs étrangers et a été à l'origine en 2007 de plus du quart des emplois créés par des IDE (investissements directs étrangers). Selon Norbert de Guillebon, «50 à 80 entreprises françaises, des PME pour la plupart, s'installent chaque année en Tunisie». L'enjeu est crucial, car malgré une croissance soutenue de 6,3 % l'an dernier, le taux de chômage, estimé officiellement à 14 % de la population active (plus vraisemblablement 20 %), touche essentiellement les jeunes.
Très dépendante de l'extérieur, la Tunisie a dû s'engager ces dernières années dans une course à la compétitivité. Malgré un coût de production très bas, elle affronte la concurrence de la Chine et des nouveaux membres de l'UE. Menacés par une délocalisation dont ils ont longtemps profité, les chefs d'entreprise tunisiens ont réagi, assure Norbert de Guillebon, «en misant sur des secteurs à plus forte valeur ajoutée et sur une réactivité favorisée par sa proximité géographique avec l'Europe».
Là encore, la France a joué un rôle important. «La Tunisie, rappelle un diplomate, est le premier pays émergent avec lequel la France a signé des pôles de compétitivité. C'est un type de partenariat assez prometteur.» L'objectif ? Des produits franco-tunisiens qui pourront se positionner avantageusement sur le marché mondial."
15:30 Publié dans Europe , Investissements , NEWS , OFFshoring , partenariat , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Tunis, Tunisie, Business, Affaires, Europe, Méditerranée
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