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16.02.2008

Le tourisme équitable en Tunisie

Une réflexion intéressante tirée du journal Tunisie Affaires sur le Net:

 

"Alors pour garantir le succès de notre secteur de tourisme, que faut il faire ?

A savoir, avant tout, que le tourisme est un gigantesque business. Dans le classement des activités commerciales les plus florissantes, le tourisme occupe, en effet, la toute première place en Tunisie mais aussi à l'échelle mondiale.

Il faudrait penser au tourisme comme une opportunité pouvant contribuer durablement au développement, d'inéquitable, absorbant efforts de développement et ressources naturelles, d'une tendance renforçant et banalisant les relations dominants/dominés qui pousse nos jeunes à se détacher corps et âme de leurs valeurs, au respect de la diversité culturelle et des équilibres sociaux et naturels souvent fragiles.

Les responsables qui dessinent les traits de la politique tunisienne dans ce secteur doivent penser aux emplois que génère ce secteur vital à notre économie, à la pérennité de ces emplois dans le respect des besoins propres des populations locales en eau et en énergie, sans omettre qu'il faudrait endiguer la fragilité de l'emploi saisonnier qui fait tourner les économies locales (hôtellerie, restauration, vente de souvenirs, etc.)

Ainsi, éviter toute forme de dépendance en intégrant au mieux les coûts sociaux et environnementaux. Arrêter de faire de la destination Tunisie une destination bas de gamme, chose qui n'a pas servi nos objectifs de développement durable.

D'ailleurs, il faut reconnaître que l'engagement de la Tunisie dans la voie de la transformation du tourisme tunisien en secteur à haute valeur ajoutée est reconnaissable. Tant par la qualité que par la quantité et la diversité des nouvelles branches innovantes du tourisme en Tunisie.

Toutefois, ce n'est pas la diversification des offres et des prestations qui sont en question, ni le projet qui vise à étendre la saison touristique sur toute l'année. Ce qui est en cause ici c'est le degré de synergie qui existe entre les exigences des promoteurs hôteliers et autres tours opérateurs et les besoins durables et permanents de notre économie.

Le tourisme équitable peut représenter une ébauche de réponse, timide à vrai dire pour le moment, mais qui est promise à de brillantes perspectives d'avenir.   

En Afrique du Sud, ce secteur dispose d'un label de qualité spécifique. La Belgique est à la traîne, mais semble vouloir combler son retard. Là où il existe, le tourisme alternatif prend des formes très variées. Certains opérateurs se contentent de verser une part de leurs bénéfices à des communautés locales ou à des organisations non gouvernementales (ONG) spécialisées dans l'aide agricole, scolaire, médicale, etc.

D'autres glissent une touche d'écologie ou d'humanitaire dans leur programme, en offrant des produits biologiques pour les repas ou en choisissant des infrastructures plus petites, mieux intégrées dans le paysage ou contribuant à l'économie de la région visitée.

Certains voyagistes vont plus loin. Ils prévoient de larges temps de rencontre entre leurs clients et les populations locales. Ils veillent à ce que les itinéraires soient fixés d'un commun accord avec celles-ci (afin d'éviter toute forme de dépendance) et que les bénéfices financiers des visites (achat d'artisanat) soient redistribués selon des règles démocratiques, afin d'éviter la déstructuration sociale des communautés.

Les itinéraires touchés pour le moment dans ce domaine, sont situés pour la plupart dans des régions désertiques à Kébili où on leur offre de s'immiscer et de partager la vie quotidienne des populations et des villageois.

Une forme de tourisme qui pourrait fleurir dans d'autres régions tunisiennes et représenter une manne de projets de développement en partenariat avec des hommes et des femmes venus d'outre mer, pour peu qu'on s'y engage.

 

Définition du tourisme équitable

Le tourisme équitable est un ensemble d’activités et de services, proposé par des opérateurs touristiques à des voyageurs responsables, et élaboré par les communautés d’accueil, autochtones (ou tout au moins en grande partie avec elles). Ces communautés participent de façon prépondérante à l’évolution de la définition de ces activités (possibilité de les modifier, de les réorienter, de les arrêter).

Elles participent aussi à leur gestion continue de façon significative (en limitant au maximum les intermédiaires n’adhérant pas à ces principes du tourisme équitable).

Les bénéfices sociaux, culturels et financiers de ces activités doivent être perçus en grande partie localement, et équitablement partagés entre les membres de la population autochtone."